Dito - Ce monde répugnant

Source : Drakengard 3 Edition Collector, Novel Prelude
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Traduction & Vérification : Bdouine

J'entends le bruit des vagues et je respire l'air âcre et salé. On ne peut guère y échapper si on se vit au Domaine des mers. À part, bien heureusement, dans son sommeil. Encore somnolant, je réalise que c'est une nouvelle matinée. J'espérais que ça ne soit pas le cas. Si le jour ne se le levait pas, je n'aurais pas à vivre des journées épouvantables de même que des nuits atroces. Cela dit, si le matin ne se pointait pas, ce serait la nuit constamment. Ce serait catastrophique. Je déteste les nuits car c'est à ce moment-là que... Rien que d'y penser me fait trembler comme une feuille. Oh, bon sang. Pourvu qu'elle n'ait rien remarqué—

- Dito ?


Merde. Cette voix. J'aurais aimé pouvoir faire semblant de dormir un moment. Cette truie sans cervelle ne remarque jamais rien, sauf quand je ne suis pas prêt.

- Hmff... Five ? Déjà levée ?


Je frotte mes yeux en faisant mine de m'être réveillé, alors que ça fait un moment que je le suis.

- Tu peux te rendormir, Dito.


Si seulement c'était possible. Il m'arrive parfois de souhaiter n'avoir jamais plus à me réveiller. Comme chaque soir quand je suis écrasé par ce Boudin.

- Pas avec tout le tapage que tu fais.


Sérieusement, comment veux-tu que je dorme profondément alors que j'ignore ce que tu pourrais me faire dans mon sommeil ? Mais là encore, rien ne m'indique non plus ce que je peux subir en étant éveillé.

- Oh ? Je suis navrée.

- Pas de soucis.


Je sais que tu n'es jamais désolée. Tu parles pour ne rien dire. Tout ce que tu fais c'est d'aligner de jolis mots. Ce n'est que de la poudre aux yeux, comme tes robes criardes.

- Tu joues encore avec tes robes ? Si tôt dans la matinée ? Tu es bien sotte, Five.

- Je dois me lever le plus tôt possible. La journée passe si vite.

- Évidemment que tu manques de temps vu que tu changes de fringues quatre fois par jour. Pourquoi tu ne pas porter la même chose jusqu'au soir ?


Tout l'éclat du monde ne changera pas ce que tu as à l'intérieur. Ce qui s'y trouve est à chialer. Une truie avec des rubans et des lacets reste une truie. Mais elle est têtue.

- En voilà une idée ! Avec tant de robes, comment pourrais-je n'en porter qu'une seule par jour ?


Le truc c'est qu'elle a toutes ces robes et pas une seule ne lui va. C'est presque comique. Ou plutôt tragique ?

- Dis-moi, Dito : Quelle robe penses-tu que je devrais porter ?

- Je m'en fous de tes satanées fringues.


Aucune d'entre-elles ne te mettent en valeur. Tu ne rends pas compte qu'elles rendent plus grosses que tu ne l'es déjà ? Toutes ces couches de vêtements ne vont que grossir ta silhouette. Comme cette robe à lacet... c'est probablement ce qui te va le moins. Tu ressembles à un rôti de porc ficelé. Ce n'est pas juste répugnant à regarder c'est tout simplement ridicule.

- C'est juste que tu n'aimes pas ces robes car elles sont trop pénibles à retirer.

(C'est faux ! T'es juste à vomir ! Ne me touche pas !)


Mais bien évidemment, je ne peux pas dire ça à mon Invoqueuse. Elle ne serait pas satisfaite. Que ça me plaise ou non, je suis son Disciple, je dois me soumettre aux souhaits de my Lady. Tu vois, je sais ce que tu aimes : c'est le type maladroit et confus qui bafouille.

- Non, ce n'est pas vraiment—

- Ce que tu essaies de me dire c'est que tu préférerais que je ne porte rien du tout !


(Jamais de la vie !)
- Pas vraiment, je voulais juste—

- Mais ça ne me dérange pas de le faire toute habillée tu sais.

- Attends juste un instant !

(Hé, que tu sois habillée ou non, je n'ai pas envie de faire ça avec une truie !)

- Je vais me mettre au dessus. Or alors, tu préfères me prendre par derrière ?

- Tu peux arrêter, s'il-te-plaît !?

(Je n'ai pas envie de coucher avec toi ! Je me moque de ta position !)

- Pas besoin de faire ton timide, tu sais.

(Je ne suis pas timide, je ne veux pas de toi c'est tout !)


...Un Disciple ne pourrait vraiment pas dire ça à son Invoqueuse. Je dois changer de sujet.

- Celle-ci ! Tu voulais que je te choisisse une robe, pas vrai ?!


La chaleur monte dans mon visage. Perturbé, je gesticule avant de pointer la robe nerveusement. Ma voix est plus aigüe.

- J'aime bien celle-ci ! Toute brillante !


Juste de la façon que tu aimes, pauv'truie.

- Oublie la robe, Dito. Faisons—

- Oh, attends, attends ! Il y en a une que tu n'as pas encore portée. Tu te souviens, elle avait de la borderie ? La bleue florale ?


Je suis parvenu à m'échapper de son étreinte. Je pensais que ses tentacules m'auraient plaqué au sol mais j'ai pu m'enfuir. Hmm. Alors comme ça, tu aimes aussi quand un type détale de tes bras comme un chat ? J'imagine que c'est ce qu'on appelle le frisson de la chasse. Laisser échapper sa proie pour mieux l'acculer plus tard. Tsss. Je cours dans la garde-robe.


Je ne sais pas comment les autres Disciples font ça. Est-ce qu'ils ont la vie plus facile avec des Invoqueuses plus décentes ? Ou alors, est-ce juste mon Invoqueuse qui est constamment répugnante, avide et chiante au possible ? Au moins, le couple vivant au désert semble heureux, baignant stupidement dans le bonheur. On dirait qu'ils vivent un conte de fée. Ils n'arrêtent pas de se bécoter. De ce que j'en sais, le Disciple a pour rôle de satisfaire la libido de son Invoqueuse. Il y a fort à parier qu'il ne fait pas semblant d'être amoureux d'elle. Cet idiot a du culot de montrer ouvertement son attachement à une Invoqueuse. Rien que de le voir faire me fait suffoquer. Mais là encore, c'est un véritable idiot, on ne peut rien y faire. Ça semble être du gâchis tout de même— être un tant soit peu charmant et pour autant n'avoir rien dans la cervelle. J'imagine que c'est mieux que d'être perspicace et laid. Vraiment ? C'était quoi ce vieux proverbe ? 'Le ciel ne gratifie l'homme qu'une seule fois' ? Celui qui a pondu cette phrase était un type malin et probablement hideux.


Ça n'a pas d'importance. Il vaudrait mieux que je fasse semblant d'être occupé à chercher cette robe. Sinon le Boudin va vérifier ce que je fais. Je ne regarde même pas les robes que je balance. Ça fait pas mal de bruit, du coup, elle peut entendre que je bosse. Je suis tout de même vigilent de ne rien arracher par accident. Je sors une autre robe et ainsi de suite. Elle pourrait se douter de quelque chose si je continue à constamment faire les mêmes bruits alors je retourne une robe sur l'envers. Le vêtement est terne avec le motif inversé couvert de fils visibles. Voilà qui est rafraichissant. Non, c'est franchement sublime.


J'ai toujours aimé mettre les choses sur l'envers. Si seulement je pouvais faire ça également aux gens. Si je pouvais juste mettre mon bras au fond de leur gorge et hop ! Sortir leurs entrailles ! Imaginez ça : les membranes et les organes visibles de tous, en un tour de bras ! Ce serait le summum si je pouvais faire ça juste après qu'ils aient mangé. Je pourrais voir la nourriture partiellement digérée dégouliner. Ohhh, ça, ce serait désopilant. Je pense que je pourrais apprécier un peu plus le Boudin si je pouvais la retourner comme ça. À la place de sa prétentieuse tronche, que dîtes-vous de voir des rubans de chair rouge aux bouts blancs avec des trainées roses ? Ouais. Et les intestins luisants débordant de sa bouche. Ne serait-ce pas une vue inestimable ? Je me demande à quoi ressembleraient ses gémissements avec sa gorge toute retournée....Ça m'excite rien que d'y penser.


Assez de fantasme. Il vaudrait mieux que j'y retourne. Je peux seulement prétendre chercher cette stupide robe pendant un court moment. J'attrape la robe que j'ai acheté récemment à un marchant de l'est et je quitte de la garde-robe. Mon Invoqueuse adore les simagrées alors je tiens la robe pliée au dessus de ma tête, comme un bon serviteur. Quel genre d'esprit taré peut prendre plaisir en voyant ça ? Evidemment, my Lady semble très satisfaite. Dommage que ses gloussements sont grossiers.

- C'est magnifique. Mais ça ne veut pas dire que les autres ne le sont pas. Qu'est-ce que je vais bien pouvoir faire ?


Qu'est-ce que j'en sais moi ? Personnellement, je ne sais pas comment réagir devant une truie trop concentrée sur un choix parmi des robes qui ne lui vont pas.

- J'aimerais avoir trois ou quatre corps. Ainsi, je pourrais toutes les porter en même temps !

- Trois ou quatre corps ? Comme toi ? T'es sérieuse ?

- Bien sur que je le suis.

- ...Ce serait un cauchemar.


Je ne joue pas. Je suis honnête. Ce serait la fin du monde s'il y avait trois ou quatre femmes comme elle. Je préférerais me pendre avec ma propre langue que d'avoir à faire face à une telle horreur.

- Je pense que c'est une fabuleuse idée. Il faudra demander à One si elle ne connait pas un sortilège permettant de me créer trois corps.


Demander à One ? Tu parles de cet esprit perspicace et monstrueusement rapide ? Je ne l'aime pas. Je ne l'ai pas croisé souvent mais je pouvais sentir dès le départ qu'on ne pouvait pas s'entendre. De plus, n'est-ce pas elle qui a dit au Boudin de 'gouverner' le Domaines des mers ? Merci pour cette brillante idée, ma vie a sombré dans les bas-fonds depuis.

- Si j'avais trois corps, je n'aurais pas à choisir laquelle mettre. En conséquence de quoi je pourrais manger trois fois plus.

- Tu manges déjà pour trois.

- Quoi ? Ce n'est pas vrai.


J'avoue... Peut-être qu'en vérité, tu dois avoir un appétit de cinq ou six personnes. Les chefs travaillent d'arrache-pied tous les jours pour te nourrir, comme si tu étais une armée à toi toute seule.

- À chaque fois que les chefs te demandent si tu veux de la viande ou du poisson, tu réponds toujours les deux.

- Mais Dito, cela veut dire que je mange deux fois plus, pas trois.

- Et s'ils te proposent de la viande grillée, du poisson à la vapeur ou du poisson frit ? Tu leur dirais que tu veux tout.

- Hé bien, oui, si c'est ainsi qu'ils formulent leur question.

- Et s'ils te demandent ce que tu veux entre de la viande grillée, du poisson à la vapeur ou du poisson frit ?

- Je prendrais tout, j'imagine. D'ailleurs, tu me donnes faim. Je me demande si le petit-déjeuner est prêt.

- Tu vois ? Ton appétit n'est pas trois fois plus que la norme, Five. C'est pire.


Un sortilège qui permet de créer trois corps ? Non merci. Je préférerais que cette intello trouve quelque chose pour mettre un terme au puits sans fond qu'est l'estomac de cette femme.

- Vivement le printemps. On pourra se relancer dans un de nos voyages culinaires.


Voyages culinaires ? Ah, ouais. Ce n'est pas comme ça que je les appellerais.

- Tu parles de ces monstres répugnants ?

- Mais entre les mains de Two, le moindre monstre termine en repas somptueux.

- Aha ! Donc tu ne nies pas le fait que ce sont des monstres ?


Tu ne peux pas le nier. Trolls, ogres, gobelins et vers de sable... Ce n'est pas de la chasse pour se nourrir— mais pour tuer des monstres.

- Oh, il s'agit bien de monstres. Mais seule Two peut transformer la cervelle de gobelin en pâté fondant. Du lézard en gelée piquante, une marinade d'yeux de poisson-chat... Tu ne peux pas manger ça n'importe où.


Bien sur que non. Qui penserait à faire des repas aussi bizarres et envisagerait même de les manger ? C'est bien une autre caractéristique des Invoqueuses. Ce n'est pas juste la logique et la libido le problème. Leur sens du goût est foireux aussi.

- Ils sont rares, umm, délices j'imagine.

- Exactement.

- Ce n'est pas tous les jours qu'on risque sa vie pour un repas. J'aimerais n'avoir jamais à faire ça.


J'aimerais également ne pas avoir à tourner autour du pot, je voudrais pouvoir leur dire une fois pour toute, à ses Invoqueuses : 'Assez avec la malbouffe ! Des sorcières avec des estomacs divins peuvent digérer des champignons empoisonnés mais ce n'est pas mon cas !' Par pur hasard, mes yeux fixent les siens.... Et subitement, le cours de mes pensées s'est arrêté. Oh, non.

-Um... Five ?


Comme un petit animal, mon regard démuni est remarqué par le Boudin.

- Tu n'aurais pas de mauvaises pensées par hasard ?


En vérité, je n'ai pas besoin de demander. Je sais ce qu'il y a dans ton esprit pervers.

- Mauvaises ? Grand dieu, non.


Ouaip. Je sais exactement ce que tu veux. C'est l'heure de faire ça, encore...

- Tu n'avais pas dit que tu avais faim ? Que penses-tu d'un petit-déjeuner ?

- Oui. Je vais en prendre un dès maintenant.

- Attends. S'il-te-plaît, attends, Five—

- Non. Je ne peux plus attendre. Tu me connais quand même ?


Oh que oui ! Tu peux parier tes obus là-dessus. Toi et tes sœurs, vous êtes des nymphos. Tu es condamnée à vivre avec un désir insatiable en échange du pouvoir de la cantate. Si je suis désolé pour toi ? Pas le moins du monde. Peu importe les circonstances, il n'y a pas moyen que je sympathise avec une obsédée en chaleur jour et nuit.

- Pourquoi ça doit arriver si tôt le matin ?


Je me demande encore pourquoi je dis ça. Stupide. Parfois, je devrais juste penser à fermer ma gueule.

- C'est à cause de tes yeux endormis, Dito.

- Ce que tu dis ne colle pas avec ce que tu fais.

- N'apprécies-tu pas de faire la sieste entre mes seins ?


Tsss. Peu importe...Quelle merde. Es-tu vraiment obligée de me lécher partout ? Tu n'es même pas douée pour ça, je suis tout poisseux. Les odeurs de ta salive et de tes fluides me donnent la nausée. Si seulement je pouvais vomir tout de suite, je me sentirais bien mieux. Mais agir comme ça ne ferait que mettre my Lady dans une rage folle. Et cette voix agaçante... On dirait une poule dont on arrache les ailes. Arrête de glousser !


Existe-t-il une torture plus cruelle que celle-ci ? Mon corps entier est visqueux, mes oreilles sont vrillées par cette fichue voix et en plus, ses sacs de graisse rebondissent sur mon genoux.


J'aimerais pouvoir échanger ma place avec le vieil excentrique. J'ai cru comprendre qu'il est gaulé comme un cheval et qu'il saute tout ce qui possède un trou. Je suis sûr que ça ne le dérangerait pas de se farcir ce Boudin dans tous les sens. Et pourquoi pas demander à l'intello de trouver une magie pour le dupliquer trois ou quatre fois ? Ça pourrait s'avérer utile... Fait chier, t'es encore en train de me grimper dessus ? Tu veux pulvériser mon pelvis ou quoi ? Qu'on en finisse ! Bon sang, je veux te tuer !


...Même si j'en suis incapable. J'ai déjà essayé une fois. Mon épée en main, j'ai tenté de la frapper dans le dos. À cet instant, elle avait pris la parole.

- Que fais-tu Dito ? Petit pervers.


...Mon épée avait glissé de mes doigts pour tomber sur le sol. Cette seule question m'avait paralysé, je ne pouvais plus tenir mon arme. Lors de cet incident, j'ai compris qu'un Disciple ne pouvait JAMAIS défier son Invoqueuse. JAMAIS. Chaque fois que cette histoire me revient en tête, j'ai envie de me suicider.


Pourquoi devais-je être son Disciple ? Pourquoi devait-elle être mon Invoqueuse ?


J'aurais préféré servir une autre Invoqueuse. Pas que je connaisse si bien les autres... Pour autant, elles ne semblent pas être comme Boudin. Il suffit de regarder l'idiot du Domaine du désert ou le vieil excentrique. Pourquoi ont-ils l'air si heureux ? Ce n'est pas juste que j'ai à me coltiner le mauvais numéro.


Euh, y en n'avait-il pas un autre ? L'idiot, le vieux et... je n'en souviens plus. Peu importe.


Quoi... ce n'est pas encore fini ? Ça me gave d'avoir à compter toutes les tâches du plafond encore et encore. Je ne veux pas commencer à compter les tâches sur les murs.

- Non, attends... Pas déjà...!


Pas déjà ? Quelle différence ça peut faire vu que tu es frigide ? Tu peux continuer comme ça pendant des heures sans y retirer du plaisir. Ha ! Quelle ironie d'être une nympho frigide. J'ai presque pitié pour toi. Presque.

- Cher Dito. Il est inutile de faire cette tête.


Hein ? Je me demande quelle tronche je tire. Je suis sûr que ça te plait, peu importe la mine que j'affiche.

- Five, tu as l'appétit de trois personnes mais une libido de trente.

- Merci pour ce merveilleux compliment.

- ...Ce n'était pas un compliment.

- Un petit homme si bon. Tu mérites une récompense. Où la désires-tu ?

- Ça me donne l'impression que je serais puni et non récompensé.

- Oh ! C'est ça qui te stimule alors ?


Pas vraiment, mais ça revient au même de toute façon. Venant de toi, c'est de la torture.

- Pourquoi es-tu aussi avide ?

- Avide ? Moi ?


Tu n'étais même pas consciente de ça jusqu'à présent ? Bien entendu, l'avidité est loin de résumer toute l'histoire, de même que ta libido exacerbée, un standard des Invoqueuses.


Dès que tu apprends une nouveauté, tu dois l'essayer encore et encore, pendant des heures. La raison à cela, c'est que tu veux croire que tu finiras par ressentir du plaisir. Même chose pour les hommes, tu couches avec eux, les uns après les autres, dans l'espoir de jouir et de trouver le bon partenaire.


Cette manie de désirer plus de robes alors que ta garde-robe est pleine à craquer c'est que tu es bien consciente que rien ne te va.


Tu continues à briser mentalement les gens afin de les assujettir, car au fond, tu sais que personne ne t'aime.


Tu sais tout ça, pas vrai ? Merde quoi ! Tu es frigide et rien de ce que tu feras ne va arranger cela. Rien de ça ne te rendra belle dans une robe. Jamais tu ne trouveras un paumé pour t'aimer même si tu retournerais le monde de fond en comble. Oh, ma pauvre Invoqueuse... Que dalle ouais ! Bien fait pour toi, espèce de truie.


Oh... J'ai une mine renfrognée là, non ? Mes sourcils, mes joues et ma bouche, je sens tous mes traits tirés. Oui, je grimace. Hé ! Tu n'aimes pas quand j'ai cette tête. Pourquoi tu ne dis rien ?

- Five ? Tu vas bien ?

- Hein ?

- En v'là une nouveauté. Je ne t'ai jamais vu aussi distraite au lit.


Pendant un court instant, ça m'a surpris. Mais te revoilà déjà... L'arrogante dominatrice avide est de retour. Et juste comme ça, je perds le contrôle des muscles de mon visage... Comme d'habitude.

- Hé bien, voilà qui est grossier. Tu sais, je suis parfaitement en mesure d'avoir de profondes pensées.

- Je t'ai fâchée ?

- Pas du tout.


Mensonge. Si tu n'es pas en colère alors pourquoi ma voix est devenue si faible comme si je cherchais à apaiser ton humeur ? Pourquoi ai-je l'expression figée d'un animal apeuré ? Tu dois furieuse après moi pour avoir interrompu tes pensées. Et là, tu dois contempler avec joie mon visage transpirant de peur.


Un Disciple ne peut pas défier son Invoqueuse. Je n'ai aucun contrôle de moi-même en sa présence. Tous mes actes correspondent à ses attentes. Je suis un parfait esclave. Je me souviens d'une chose que tu as dite à tes sœurs : "Je le trouve totalement irrésistible, même quand il est vulgaire et mesquin." Forcément que je suis irrésistible. Comment une femme ne succomberait pas devant un jeune homme soumis, obligé de satisfaire ses désirs ?


En ce qui te concerne, ton seuil de tolérance est très relatif. Si je dépasse les bornes, tu m'ignores en beauté. Vu ta manie dominatrice, est-il impossible de dire mes véritables sentiments ? Certains pourraient appeler ça de l'extrême opportunisme. Comme si ça pouvait t'intéresser.

- Alors, où en étions-nous ?

- Quoi ? Encore ?!


Je ne suis pas vraiment surpris. Je n'agis pas de mon propre gré, ma voix et mon visage surpris sont indépendants de ma volonté. Simplement surpris, comme tu l'aimes.

- Je plaisante.


Je sais. Je sais tout à propos de tes mensonges, tes désillusions, ta vanité et tes obsessions. Je connais ton désir incontrôlé de dominer. Je vois les ténèbres vicieuses de ton cœur. Et pour être honnête, ton cœur pourri et répugnant est la seul chose que je ne déteste pas chez toi.


Je suis ton Disciple, après tout.


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