Dix Petits Nègres (1/5)

Source : Grimoire NieR -Project Gestalt & Replicant System-
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Traduction : Nashira
Vérification : Bdouine

La flûte de Hamelin retentit et les rideaux tombent.
Une pièce sacrée décidant du destin du genre humain.


J'étais dans une pièce sans fenêtre et sans même aucune porte. C'était une pièce immense sans aucune lampe et pourtant il y faisait clair. La lumière semblait être diffuse par le plafond tout entier. À mes côtés se trouvaient des gens de mon âge. À première vue, ils étaient de tout bord. Moi inclus, nous étions neuf garçons et quatre filles. Certains étaient encore inconscients, tandis que d'autres s'étaient réveillés et se tenaient en alerte. Et pour je ne sais quelle raison, nous avions tous un livre posé près de nous.

- Qu'est-il arrivé ? Pourquoi suis-je ici ?


Je me sentais étourdi, sûrement à cause de la drogue qui m'avait fait dormir. Dans ce genre de cas, il vaut mieux ne pas se relever trop vite. Tout en analysant la situation autour de moi, j'étais à la recherche de mon arme. Mais bien évidemment, on me l'avait confisquée. Lorsqu'on se réveille après avoir été enlevé, il est évident que l'on ne possède sur soi plus aucune arme. C'est juste logique. Toutefois, même le mouchard cousu dans la doublure de mon uniforme ainsi que les explosifs cachés dans ma chaussure avaient disparu, tous sans exception... C'est comme ça que j'ai compris. J'ai été capturé par l'organisation pour laquelle je travaillais. J'avais le pressentiment que ça arriverait. Ça m'est venu quand on m'a parlé de cette ''mission top-secrète'' un peu louche. D'autant plus qu'elle n'était pas formelle. J'avais la liberté de l'accepter ou non, d'après ce qu'ils disaient. Non seulement je recevrai une grosse indemnité, mais j'aurais en plus le droit de me retirer du métier une fois la mission terminée. En d'autres termes, ils m'ont dit que je pourrais dire adieu à ma vie de merde. Il faudrait vraiment être complètement stupide pour refuser une telle offre. Ou bien un taré psychopathe, j'imagine. Évidemment, avec de telles offres à la clef, ça ne pouvait pas être une mission honnête. Peut-être que 99 sur 100 - non - 999 sur 1000, ne reviendraient pas vivants, quelque chose dans ce genre. Ils étaient disposés à faire de belles promesses, puisque dès le début, ils n'avaient pas l'intention de les respecter. Bien sûr que je m'en doutais. Malgré ces doutes, je suis maintenant dans ce pétrin. En y repensant, je ne peux que rire de moi.


Alors, quelqu'un près de moi m'appela. C'était un garçon apparemment plus jeune que moi, mais malheureusement de nationalité différente. Je hochai la tête en silence. Comme il ne répondit pas, il avait probablement compris la situation. Des gens de toutes nations travaillent au service de mon organisation. La plupart d'entre eux parlent uniquement dans leur langue maternelle. Quand notre âge passe le cap des deux chiffres, nous sommes soumis à un entrainement militaire de l'aube au crépuscule. On ne reçoit pas d'éducation décente ou quoi que ce soit de ce type. On ne sait déjà pas lire ou écrire notre propre langue, alors en connaître d'autres... Bien entendu, il y a l'exception de ceux qui naissent de parents étrangers et qui, de ce fait, ont pu apprendre plusieurs langues dès leur petite enfance, mais ils forment une minorité. J'essayais de saluer dans ma langue celui qui m'avait fait signe, mais comme moi avant lui, il se tenait silencieux et hocha la tête.


À ce moment-là, la fille qui était devant moi leva la tête. Elle reprenait conscience à son tour. La résistance face aux drogues varie en fonction des personnes, mais les gens comme elle sont en général ceux qui en meurent les premiers. Être plus lent que les autres peut être fatal. Dès que nos yeux se croisèrent, son visage fut empreint de surprise. Me connaissait-elle ? Qui est-elle ? Un instant, j'ai l'impression de l'avoir déjà vue quelque part, moi aussi... La fille défaillit. Naturellement, étourdit comme elle devait l'être, elle ne pouvait que tomber bruyamment. C'est devant une telle maladresse que je me suis souvenu.

- Alors comme ça, tu es encore en vie?


Se redressant à moitié, elle acquiesça. La fille connaissait quelques bribes de langues, j'avais entendu dire que sa mère venait de mon pays. C'est naturel pour un enfant d'apprendre la langue de sa mère...

- Oh, bien ! Tu es en vie toi aussi !

- Évidemment ! Ne me confonds pas avec quelqu'un comme toi.


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