Chapitre 8

Drakengard 1 adapté en roman par Nashira
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Nashira
L'Œil Écarlate
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Chapitre 8

Message par Nashira »

J'aimais bien le Désert Lunaire. Le désert est un paysage que j'adore, qu'il soit de glace ou de sable. Bref !
Rencontre avec ''Verre de lait'', un nouveau boulet dans le groupe ! ^^'

Chapitre 8
Le désert sous la lune de glace

Ils volèrent durant des heures entières. Le ciel était parfaitement dégagé et l’air se refroidissait progressivement. Le paysage lui aussi se transformait, jusqu’à se changer en un véritable océan de sable. Dans la nuit, la pâle lumière du croissant de la lune basse se réverbérait sur les cristaux du sable d’or.
− Le Désert Lunaire est lugubre, dit le dragon, il y fait toujours nuit... Nous allons devoir nous montrer prudents car dans les ténèbres, nous ne voyons pas qui est ami ou ennemi.
« Mais toi, Caim, tu t’en moques »
− Les ténèbres, soupira Léonard. Qu’il fasse nuit ou jour, tout est noir, tout est froid...
Ces paroles furent saluées par le rire moqueur de son sylphe :
− Oh oui, quel dommage que tu ne puisses admirer la lune ! Elle est si belle ce soir ! Et il y a tellement d’étoiles... Je crois même en compter trois nouvelles ! Allons, dit bonne nuit à tes frères !
− La déesse est là, déclara le dragon en plongeant.
L’atterrissage fut lourd malgré la mollesse du sol. Bien que désarçonné par l’à-coup, Caim se précipita pour rejoindre sa sœur. Furiae se releva d’un bond et voulu se jeter dans les bras de son frère, mais elle réprima son élan au dernier instant. Inquiète, elle souffla maladroitement de sa voix douce et tremblante :
− Caim... tu es sain et sauf.
Les prunelles du dragon se plissèrent si bien qu’elles se réduisirent à deux fentes dans lesquelles scintillèrent les feux de la suspicion. Furiae garda obstinément sa tête baissée. Caim la salua avec un faible sourire qui ne dura pas longtemps :
− Où sont Inuart et Verdelet ? demanda le dragon.
Des larmes ondoyèrent dans les yeux de la déesse.
− Ils voulaient seulement me protéger..., se lamenta-t-elle.
− Qu’est-il arrivé ? coupa le dragon.
− Ils m’ont dit de me cacher, que je n’avais rien à craindre de la bataille. L’Empire est venu et les a capturés.
− Capturés dis-tu, gronda le dragon. Ils doivent certainement êtres enfermés dans un cachot, dans ce cas. Par où sont-ils partis ?
Furiae tendit l’index en direction du sud. Le dragon sonda l’horizon bosselé du désert :
− L’Empire les a certainement capturés dans le but de leur soutirer des informations… Verdelet est l’évêque de l’Union, après tout. Si lui et Inuart ne sont pas encore morts, ils sont surement torturés à l’heure qu’il est…
Furiae hoqueta :
− Ne t’inquiète pas pour moi, Caim, mes pouvoirs me protègeront. Le plus important est de retrouver Inuart et Verdelet... c’est à cause de moi qu’ils ont été enlevés...
Ses lèvres tremblaient et de fines larmes perlaient à ses cils. L’idée qu’il puisse être arrivé quelque chose de mal à Inuart la mortifiait. Caim se jura de lui ramener ses deux compagnons vivants. Il n’avait pas oublié la promesse muette qu’il avait faite au bord de la rivière.
− Part retrouver les autres, Caim, parla Léonard. Je resterais ici pour protéger la déesse.
Caim n’avait pas confiance en les capacités de Léonard à protéger Furiae, mais après tout, il n’y avait rien d’autre à faire.
« Léonard n’a pas oublié la leçon tirée dans la forêt » fit la voix du dragon dans son esprit.
Caim hocha la tête. Il se tourna vers Furiae et posa une main rassurante sur l’épaule de sa soeur.
− Léonard est un allié, tint le dragon.
L’aveugle approuva en s’inclinant respectueusement, honoré de se retrouvé en face de la déesse des Sceaux.
− C’est ça, profite de ta chance, Léonard, ce serra peut-être bien la dernière, railla le sylphe, perché sur son épaule.
Caim se hissa sur le dos du dragon qui se projeta dans les airs en un puissant coup d’ailes. Alors qu’ils montaient dans le ciel de la nuit, Caim se demandait si l’évêque Verdelet connaissait quelque chose au sujet de ces mystérieux Archanges et des desseins de l’Empire...
− Un cachot... siffla le dragon. Pourquoi les humains sont-ils si cruels envers leurs semblables ?
« Je suis l’évêque Verdelet, prisonnier de l’Empire... Quelqu’un peut-il m’entendre ? »
− C’est la voix de Verdelet qui nous appelle, notifia le dragon. Je peux sentir sa présence maintenant ! Il nous guide jusqu’à lui.
Il vira plus vers l’ouest. La voix de Verdelet se faisait de plus en plus distincte. Un petit cachot se présenta bientôt sous eux, caché entre deux dunes. Le dragon plongea vers le sol. La prison était assiégée par une escouade de soldat.
− Un groupe de l’Union est ici, constata le dragon. Ils tentent surement de libérer l’évêque...
Il exécuta de larges cercles concentriques pour observer la situation.
− Étrange, grinça le dragon, le cachot n’est pas bien gardé... c’est pourtant ici qu’est détenu Verdelet, je le sens tout proche...
La voix déconfite de l’évêque se fit à nouveau entendre dans leur esprit :
« Qui es-tu donc, toi qui m’entends ? As-tu toi aussi passé un pacte ? »
L’esprit de Verdelet toucha celui de Caim et du dragon :
« Tu as passé un pacte avec un dragon ? Comment t’es-tu approprié un tel allié ? »
La geôle tombait déjà aux mains de l’Union. Caim regretta d’avoir raté l’occasion de se joindre à la bataille. Le dragon se posa au creux d’une dune. Les soldats de l’Union se postèrent devant eux et les tinrent sous le joug de leurs arbalètes. Le dragon n’aurait eut aucun mal à tous les éliminés, mais il se tint docile et n’esquissa pas un geste. Caim arbora son bras gauche, bardé de la cubitière où le sceau de l’Union était gravé. Les soldats ne baissèrent pas leur garde.
− Prosternez-vous, soldats ! ordonna une voix rauque dans la masse. Car vous avez devant vous maître Caim, l’unique fils du souverain qui régnait sur le royaume des Terres Fertiles.
Un vent de murmures chuinta dans les rangs des hommes troublés. L’un d’entre eux −celui qui avait parlé− se fraya un chemin jusqu’à Caim tandis que les autres se prosternèrent sous son ordre.
Caim reconnut le soldat à l’air farouche qu’il avait rencontré à son départ du bastion. Il le rejoignit.
− Maître Caim, fit respectueusement l’homme en s’inclinant, comme vous nous l’avez demandé, nous avons rejoint nos frères. Les hommes devant vous ne proviennent pas tous de vos anciens effectifs. Pardonnez leur ignorance car ils ne savaient pas qui vous étiez.
− Tous les prisonniers de ce cachot sont-ils saufs ? questionna le dragon.
L’homme se tint aussi raide qu’une lance.
− Nous sommes en train de constater les faits, maître Caim, répondit-il. Nous avons envoyé des hommes pour qu’ils aillent vider les cellules. Les autres sont tous devant vos yeux. Nous avions cru être attaqués par un dragon de l’Empire lorsque vous êtes arrivé.
Caim balaya les hommes de l’Union d’un bref regard.
− Où sont les autres de l’Union ? fit le dragon, sont-ils sur un autre front ?
− Oui, maître. Les ordres sont de libérer les prisonniers de tous les cachots impériaux, informa le soldat farouche.
Caim hocha lentement la tête :
− La déesse Furiae est réfugiée quelque part dans le désert, confia le dragon, protégée par un seul homme. Une cohorte sera la bienvenue.
Encore une fois, la foule des soldats s’agita de murmures incrédules. On entendit à plusieurs reprises le nom de Furiae se faire entendre. Le commandant de la troupe s’inclina derechef devant son jeune maître :
− Nous nous rendrons auprès de la déesse au plus vite... Servir Dame Furiae sera toujours un honneur...
La conversassions s’arrêta, aussi les troupes se réactivèrent à leurs taches. Caim décida de s’aventurer autour du cachot. Il trouva le cadavre d’un soldat de l’Empire. Même mort, ses yeux brillaient d’une lueur rougeoyante...
« Caim... »
C’était le dragon qui l’appelait devant la geôle. Il s’y rendit.
Un homme tout de noir vêtu se tenait debout sur le sommet des marches. De sa voix chevrotante, il s’adressa à Caim :
− Inuart a été transféré dans une autre prison, pourvu qu’il soit sain et sauf…
D’une apparence plus proche de celle d’un mort que d’un vivant, l’évêque Verdelet en personne. Il était affreusement maigre. Sa main squelettique serrait étroitement un sombre bourdon. Sa peau d’une blancheur de craie était parfaitement imberbe. Sur son crâne dégarni se dessinaient les tracés obscurs d’une marque de pacte. Ce sombre stigmate témoignait avec ridicule du prix dont il avait dû s’acquitter lors de son marché. Mais aucun partenaire ne l’accompagnait...
− Enfin. C’est donc toi, Caim, fit le vieil évêque en s’inclinant profondément devant le frère de la déesse.
Caim lui rendit son salut avec agacement. En cet instant de suspicion, les salutations d’usages l’ennuyaient au plus haut point. Une seule question lui brûlait aux lèvres :
− Où est Inuart..., questionna le dragon.
Le vieil homme eut une profonde inspiration :
− L’Empire nous a séparés, Inuart et moi. J’ignore pourquoi.
Le doute s’empara de Caim. Pourquoi l’Empire aurait conduit Inuart dans un autre endroit qu’ici ? Le dragon arqua son long cou purpurin :
− Verdelet, dit-il, tu es évêque de l’Union, tu en sais plus que nous. Parle. Dis-nous ce que l’Empire cherche à faire…
L’évêque dodelina doucement son horrible face creuse et se prosterna devant la créature :
− L’Empire ne cherche pas seulement à conquérir... en fait, il veut reconstruire.
− Reconstruire le monde ?
− Oui, répondit Verdelet de sa voix la plus grelottante, grâce aux Germes de la Résurrection. Ceux-ci apparaîtront lorsque les quatre sceaux du monde auront été détruits... La vie de la déesse est en grand danger.
Un grondement sourd vibra dans la gorge du dragon rouge. Sa longue queue se mit à se balancer nerveusement derrière lui.
− Les Germes de la Résurrection... les humains détournent même les mythes à leur profil...
Caim ne parvint pas à digérer les sombres révélations de Verdelet. L’Empire avait la prétention de vouloir reconstruire le monde tout entier ? Sa folie dépassait toutes les limites...
Verdelet se rapprocha d’avantage de Caim :
− Aide-nous, implora-t-il, il faut empêcher l’Empire de détruire ces lieux saints ! Le monde est menacé. A chaque sceau brisé, la charge de la déesse deviendra plus lourde...
A qui la faute ? Caim brandit dangereusement son épée au-dessus de Verdelet. Le vieil homme hoqueta et trébucha en arrière en retombant sur son séant :
− Je t’en prie ! récria-t-il, même les soldats de l’Empire sont à plaindre !
Autour d’eux, les hommes de l’Union s’étaient immobilisés pour regarder la scène. Caim abaissa son épée en réprimant le dégoût que lui inspirait l’évêque.
Le dragon ricanait dans son dos :
« Ferais-tu preuve de pitié ? Ou cherches-tu à rallier les mêmes fous à ta cause ? »
Verdelet se vautra aux pieds de Caim :
− Par pitié, les Sceaux ne doivent pas être détruits ! Ils ne doivent pas ! Et l’Empire ne cesse de gagner en force...
− Tu perds ton temps, annonça le dragon, cet homme ne vit que pour se venger.
L’évêque leva désespérément ses mains vers les cieux étoilés :
− Que les dieux aient pitié de nous, leurs pauvres enfants perdus !
Le mépris dans le regard de Caim redoubla d’intensité. La voix du dragon se fit plus acerbe qu’un venin :
− Quelle différence entre prêtres et les assassins ? L’un ou l’autre, ils se valent tous aussi bien... Tous aussi stupides...
− Maître Caim ! Un message vient de nous arriver de nos frères ! Ils nous demandent en renforts à la forteresse impériale !
Le commandant accourait vers Caim, tenant un message dans sa main.
− On nous informe que les troupes impériales se sont mises en marche vers le nord du désert, informa l’homme. Leur camp au sud à une surveillance restreinte, c’est l’occasion de frapper.
− L’Empire s’est mis en marche vers le nord ? s’étrangla Verdelet.
Le soldat farouche opina. La voix de l’évêque ne s’en fit que plus alarmée :
− Caim, nous devons absolument nous rendre au nord ! C’est là-bas que se trouve le sceau du désert !
A pied, les soldats de l’Union n’arriveraient jamais à rattraper les troupes impériales. Caim savait qu’il était le seul à pouvoir protéger le sceau du désert.
− Obéissez à l’ordre qui vous est donné, ordonna le dragon au commandant. Nous irons au temple du désert afin de protéger le sceau.
Avant qu’ils ne s’envolent en direction du Sceau, le dragon informa l’Union à propos de l’incertitude qui planait sur le sort d’Inuart. L’homme farouche jura à Caim qu’ils libèreront le jeune musicien des griffes de l’ennemi, avant d’aller les rejoindre auprès de la déesse.
Enfin, le dragon reprit son essor, Caim et Verdelet juchés sur son dos. Pendant leur vol, le vieillard semblait prit entre envie et amertume :
− Le dragon avec lequel j’ai passé mon pacte est pétrifié. Moi et lui ne pouvons rester ensembles.
Caim n’en avait strictement cure. Verdelet tenta de capter son attention autrement :
− Les Sceaux protecteurs sont répartis de par le monde, cachés en trois lieux sacrés. Le désert, la forêt, l’océan... Le quatrième sceau qui unit et protège les trois autres s’incarne en une femme : la déesse. Ensembles, les quatre sceaux protecteurs constituent l’ultime barrière de ce monde face au Chaos. Si quelqu’un parvenait un jour à briser les sceaux et apporter le Chaos sur le monde, les dieux répandraient alors les Germes de la Résurrection. De nombreuses légendes racontent que les Germes auraient le pouvoir de sauver l’humanité toute entière. Mais personne ne sait si elles disent vrai...
Le dragon eut un rictus. L’évêque continua :
− Le lourd fardeau du sceaux pèse sur l’âme de la déesse. C’est elle la grande garante de l’harmonie du monde, de l’ordre et de la raison. La mort seule peut mettre fin à sa tâche. Ce n’est qu’alors que les auspices révèleront la nouvelle femme qui succèdera et incarnera le sceau. Nulle ne peut refuser ce devoir sacré, c’est une spirale qui se répètera, jusqu’à la fin des temps...
− Rien n’est éternel, dit le dragon d’une voix acrimonieuse.
Verdelet se raidit sur son dos :
− Si jamais l’Empire parvient à ses fins...
− L’Empire a déjà encerclé le temple, soupira le dragon lorsqu’ils arrivèrent au-dessus du temple du désert. Impertinentes larves ! Je purifierais votre crime par les flammes !
Ils se jetèrent dans une nouvelle bataille. Ils ne savaient pas que tous leurs efforts étaient déjà vains...
♋ - ♑
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