Chapitre 6

Drakengard 1 adapté en roman par Nashira
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Nashira
L'Œil Écarlate
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Chapitre 6

Message par Nashira »

Un chapitre assez court lui aussi. Pas grand chose à dire dessus...

Chapitre 6
Ténèbres

− En route vers le nid des Sylphes, dit le dragon en se lançant dans les airs. Quelle nuisance. Ces êtres sont des plus détestables...
Caim n’en pensait pas moins des dragons. Il songea un instant à sa soeur et à Inuart, espérant qu’ils aillent bien. Verdelet les attendait au Désert Lunaire, là où se situait un des quatre sceaux du monde. Caim éprouvait une certaine tension à l’idée de rencontrer cet homme à nouveau. La première et unique fois qu’il avait vu l’évêque, c’était le jour où il avait sacré Furiae comme étant la nouvelle déesse. Furiae était alors très jeune. Trop jeune...
La voix du dragon le sorti de ses réflexions :
− La vallée des Sylphes est en dessous, il y a un village en bas. Enfin...
Ils atterrirent dans une longue clairière ourlée d’une rivière. Mais tout comme chez les Elfes, le village avait brûlé. Il ne restait que ruines cendreuses et pierres noircies. Une rage destructrice s’empara de Caim.
− La haine dans le corps, la tristesse dans le cœur, soupira le dragon. L’une engendre toujours l’autre. Laquelle des deux s’est nichée en toi la première, Caim ?
« Les flammes de l’enfer... »
Caim et le dragon se redressèrent de concert, tous leurs sens tenus en alerte. Ce murmure étrange provenait de la forêt. Mais ce n’était pas la voix de Verdelet, c’était celle de quelqu’un d’autre...
− Cette voix que nous entendons..., gronda le dragon en relevant son museau pointu. Quelqu’un d’autre a passé un pacte ?
Caim ne se posa pas de questions. Il s’enfonça dans les bosquets devant lui, là d’où dérivait la voix inquiétante. Le dragon le suivit, se contorsionnant entre les arbres. La voix continuait de se faire entendre dans leur esprit :
« Attend ! Quelqu’un entends ma voix ! Je le sens »
Caim redoubla le pas. On savait qu’ils étaient là. Ils devaient se montrer prudents. Quelques instants après, ils débouchèrent dans une petite clairière. Un amas de bois carbonisé se dressait en son centre. A cet endroit, quelqu’un leur tournait le dos. Caim se glissa avec une extrême précaution et tira délicatement son épée. Sa lame chuinta d’un murmure à peine audible :
− Le son de ton épée m’indique que tu es un soldat de l’Union, affirma celui qui était là.
Caim tomba en arrêt. Doucement, l’inconnu pivota sur lui-même pour lui faire face. Il s’agissait d’un homme mûr, à la carrure robuste. Ses longs cheveux clairs étaient rattachés en catogan. Il tenait à la main un étrange bâton de métal noir. Il posa la main sur son cœur et s’inclina :
− Je suis Léonard. A ton service.
Il gardait ses yeux clos. Conscient de l’état de Caim grâce à la connivence qui liait tout ceux qui avaient passé un pacte, Léonard s’expliqua :
¬− Oui, Je suis aveugle. Comme toi, j’ai payé pour mon pacte.
Une lumière verte apparu à l’angle de son visage. Voletant fébrilement au-dessus de l’épaule de son partenaire de pacte, une fée −ou plutôt un sylphe− jetait à Caim et au dragon un sourire malveillant. Dès le premier regard, Caim ressentit le cynisme immense qui se concentrait dans cet être minuscule. La voix du dragon résonna dans sa tête :
« Regarde comme la malignité se peint sur son petit visage rayonnant. Ce sylphe a noué un pacte par la force, indubitablement. Cet humain devant toi est son jouet désormais »
Le sylphe leur lança un sourire et les invita du regard à découvrir ce qui se cachait derrière Léonard : trois corps sans vie. Sans s’en soucier, le dragon dit à Léonard :
− Etre aveugle et ne pas voir ce monde qui court à sa perte, ton sort est enviable.
Un silence gêné s’imposa. L’auréole de lumière verte du sylphe palpitait par saccades régulières et prononcées, comme un cœur qui bat.
− Ne pas voir ne m’empêche pas de savoir..., soupira Léonard avec austérité.
Il s’accroupit au sol et caressa d’une main le cadavre le plus proche, avant de presser son front contre le sien. Il fit de même pour les deux autres corps. Caim l’observa d’un regard dur.
− Les morts sont retournés à la terre, dit Léonard avec lenteur. Eux, ont trouvé leur juste place. Seul leur souvenir demeure...
Il se redressa et se tourna vers Caim :
− Très bien. Je souhaite me joindre à toi, Caim. Je serais honoré de pouvoir servir au côté de l’Union.
Caim opina à sa requête. Un allié qui a passé un pacte n’était pas un atout négligeable. Le dragon se redressa sur ses membres :
− Nous n’avons plus rien à faire ici. Nous devrions retrouver Inuart et ta soeur au désert, Caim.
Caim bondit sur son dos. Léonard ne bougea pas. Caim remit pied à terre pour l’aider. Mais l’aveugle était comme pétrifié, le visage tenu dans ses mains :
− Je la vois, souffla-t-il. La forêt... Enflammée...
Le dragon plissa ses paupières cramoisies :
− Et vers où regardes-tu ?
− C’est... La forêt du Sceau ? s'accabla Léonard en peinant à croire ce qu’il ‘’voyait’’. L’Empire l’a envahie !
Caim retint son souffle. Léonard retira ses mains de sa face blême :
− Que faire ?
Le rire strident du sylphe mordit leurs oreilles :
− Pauvre Léonard ! Tu viens à peine de passer un pacte et tu te prends déjà pour un grand prophète ! Tu es ridicule !
− Caim, nous devons aller immédiatement en ces lieux ! imposa le dragon.
Le jeune guerrier le fixa d’un regard apathique : ils n’étaient pas ici pour protéger les bois ! Ils avaient mieux à faire au désert.
− Tu ne comprends donc pas, Caim ? s’affecta le dragon. C’est là-bas que se trouve le Sceau de la forêt, un des quatre piliers qui protègent l’équilibre du monde. Si l’Empire s’y trouve réellement, je crains que ça ne soit pas uniquement pour incendier les arbres... Le Sceau de la forêt est en danger ! Si jamais il était détruit, as-tu ne serait-ce que la moindre idée de la répercussion que cela provoquerait sur les autres Sceaux et sur ta sœur, la déesse ?
Léonard eut un haut-le-corps :
− Ta sœur est déesse, Caim ? La Déesse ? La femme qui incarne le quatrième Sceau du monde ?
Caim fut comme foudroyé. Son sang ne faisant qu’un tour, il tira Léonard par le bras pour le hisser avec lui sur le dos du dragon rouge, sous les braillements aigrelets du sylphe :
− Vous perdez votre temps ! Léonard ne voit rien devant lui, ce n’est pas pour ça qu’il sait lire l’avenir ! Hé ! Attendez-moi, imbéciles !
♋ - ♑
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