Chapitre 5

Drakengard 1 adapté en roman par Nashira
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Nashira
L'Œil Écarlate
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Chapitre 5

Message par Nashira »

Chapitre très court. Comme je l'avais dit, j'avais vraiment voulu mettre en scène Léonard, Arioch et Seere, même si dans la trame qui mène jusqu'à la première fin, on ne les rencontre pas. Mais je trouvais ces personnages trop intéressants pour vouloir les délaisser. D'autant plus que Seere apparait dans Drakengard 2.

Chapitre 5
La complainte de Léonard

La forêt est vaste... Depuis la nuit des temps les arbres croissent, grandissent et respirent. La forêt est merveilleuse... On raconte que les fées sont les génies malicieux de la forêt. La forêt est mystérieuse… On ne sait jamais ce qui se tapi derrière le rondin moussu. Le destin tourne et tourne, comme les sillons sur une souche morte. Et en ce jour, il avait choisi de s’abattre sur un homme...
Léonard. Une âme plongée dans les ténèbres et le désespoir. La honte brûle, dévore, calcine la raison. Les décombres de ce qui était avant le foyer de quatre frères nourrissait maintenant l’appétit des flammes. Trois âmes s’envolent dans la fumée noire. Un cœur inconsolable se meurt.
Ses mains crispées vibraient sur le manche de la dague qu’il pointait sur sa gorge. Léonard était pourtant un homme juste qui ne pouvait supporter les effusions de sang. Mais en dépit de tout sens moral, sa conscience ne lui laissait aucun autre choix. Son regard erra sur le parterre. Trois corps gisaient, criblés de flèches, le visage figé en un faciès d’horreur. Leur sang détrempait la terre.
- Laum... susurra Léonard, Rivesal... Lukhege... Mes frères… pardonnez-moi... Pardonnez-moi...
L’estoc de la lame entailla la gorge. Mais aussitôt, la douleur lui fit perdre toute résolution. Ses doigts se desserrèrent, la dague rebondit sur le sol en tintant. Se donner la mort était une chose bien moins facile qu’il n’y paraissait. La souffrance était inévitable. La peur et l’instinct imposaient leur loi.
Haletant d’un souffle pénible, voici Léonard prit entre sa culpabilité et son désir de survie. Pourtant même s’il n’avait pas osé achever la besogne, le mal était fait ; à chaque battement de son cœur, un nouveau bouillon de sang tiède ruisselait le long de sa gorge. Sa salive rougeoyait. Ses forces le quittaient.
Il sursauta quand il crut voir un éclair émeraude filer devant lui. Il se retourna. Rien. La lumière repassa. Puis repartit. Sa peur s’accentua. Les flammes et la fumée l’empêchaient de distinguer clairement les alentours. Ses étaient embués. Il se résigna à se laisser mourir lorsque la lumière revint une nouvelle fois. Doucement, l’éclat smaragdin se matérialisa en un être minuscule.
Son corps n’était pas plus grand qu’un doigt, nimbé d’une lumière verte éclatante. Des petites ailes de libellule battaient dans son dos. Léonard peinait à y croire : une fée se tenait devant lui. Ployant la nuque, il s’indigna :
− Quelle horreur... Mes frères ont étés assassinés, notre maison incendiée... Et je n’ai rien fait !
La fée lui sourit. Elle se tourna nonchalamment sur les corps gisants au sol.
− Hum, maintenant tu comprends, railla-t-elle d’une voix traînante. Tu as trahi ta famille. Tes pauvres petits frères baignent dans leur sang...
Elle éclata de rire. Un rire si aigre et si satirique qu’il transperçait les tympans.
− Ah ha ! Tu es ridicule ! Imagine leur souffrance ! Regarde-les ! Quelle peine sur leur visage ! Regarde ! Regarde ! A ton avis, quelle à été la dernière chose qu’ils ont vue ?
− Non ! geignit Léonard en ce tortillant sur le sol comme un ver, non... Je ne peux pas... Je refuse d’imaginer une telle horreur !
La fée semblait très amusée. Sa lumière verte fusait tandis qu’elle virevoltait autour des corps et de Léonard :
− Ah ! Les humains sont pathétiques, tonna-t-elle. Pathétiques ! Ils sont sales et repoussants ! Pourquoi ne meurent-ils pas tous ? Hé ! Oui, c’est ça ! Tue-toi donc, pauvre humain inutile !
Ces mots venimeux réduisirent Léonard à quia.
− Mais je...
− Quoi ? trancha la fée en riant, tu as peur ? La mort est une délivrance ! Tu veux rester en vie ? Vraiment ? Aller, finis-en, quoi ! Mais...
Elle s’interrompit. Un sourire sournois étira ses lèvres. Tristesse, regret, honte, désespoir... Tels étaient les sentiments qui baignaient dans ces yeux qui la fixaient. Tout cela était parfaitement misérable. Parfaitement réjouissant !
− Je sais ! s’exclama-t-elle, faisons un pacte !
Léonard sentait son cœur ralentir. Tout autour de lui fondait en un tourbillon de couleurs sans formes. Même le halo vert que diffusait la fée était pénible à distinguer. La mort lui tendait les bras.
− Un… pacte... ? bredouilla-t-il sans comprendre, que veux-tu dire... ?
A nouveau la fée éclata de son rire strident :
− Abrutit ! couina-t-elle, tu ne comprends donc rien ! Ta tête est-elle aussi vide qu’un casque ? Toi et moi, ensembles pour toujours ! Hahahaha ! Tu es vraiment trop bête ! Mais cela pourrait être amusant ! Allez, un pacte... s’il te plaît... s’il te plaît !
Tout devint blanc. Face contre terre et à bout de forces, Léonard ferma ses yeux. Pour l’éternité.
♋ - ♑
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