Chapitre 2

Drakengard 1 adapté en roman par Nashira
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Nashira
L'Œil Écarlate
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Chapitre 2

Message par Nashira »

Bien, bien. Galvanisée par le fait que notre Reine eut apprécié le premier chapitre, je me décide à mettre la suite sur le forum ^^
Chapitre 2, donc. Beaucoup plus court. Il ne fait qu'illustrer le départ du groupe en direction de leur prochain objectif. J'avais essayé de mettre en scène quelques petits détails afin d'illustrer au mieux le côté humain des personnages et mettre un peu plus en avant le caractère de chacun. Enfin je me comprends ^^ Avec le début d'un clin d’œil à venir dans les prochains chapitres. En effet, ce ''soldat farouche'' deviendras quelqu'un pour le moins important...
Bonne lecture =)

Chapitre 2 -Décision

Un long silence salua la dernière note jouée par Inuart.
Caim fixa successivement son ami et Furiae. Puis, il décida de quitter la chambre d’un pas hâtif.
Se rendant d’abord dans ses propres quartiers, il se débarrassa de son armure fendue et de ses vêtements qui empestaient le sang. Après quelques ablutions, il revêtit de nouveaux vêtements. Il se dirigea ensuite aux salles d’arme du rez-de-chaussée afin d’y enfiler une nouvelle cuirasse. Il jeta un œil à une rangée de boucliers. Il n’aimait pas les boucliers. Ce poids supplémentaire ne faisait qu’encombrer les mouvements lors du combat. Il préférait laisser ça aux couards. Le meilleur moyen de se défendre était d’attaquer. Il opta donc pour une simple cubitière ornée de l’insigne de l’Union : une épée et un bouclier surmontés d’un casque et encerclés d’un large ruban bleu. Enfin, il ceignit son fourreau à sa taille et y glissa son épée.
Paré, il sortit dans la cour du bastion. Mais le dragon ne s’y trouvait plus. Où pouvait bien être allée cette hideuse créature ? Il traversa la place en contournant la marre de sang qui marquait l’endroit où la bête avait été enchainée et se retrouva confronté à la herse qu’il avait rabattue en pénétrant dans l’enceinte. Quel idiot ! Un seul homme suffisait à fermer une barrière, mais la force de dix hommes était requise lorsqu’il s’agissait de la soulever ! Il se trouva bien stupide, à cet instant.
Il ricana pour lui, avant de se souvenir d’une chose. D’un geste, il dégaina son épée et concentra ses forces. Il frappa si fort qu’en seulement trois coups d’épée, il avait créé une large ouverture dans la palissade. Un sourire étira ses lèvres. Les légendes disaient vrai : un homme qui passe un pacte échange la force contre l’irremplaçable.
Une odeur de brûlé flottait dans l’air et des fumerolles noires dérivaient au vent. Le champ de bataille avait été embrasé à plusieurs endroits. Au milieu des morts, les soldats survivants s’activaient à faire le point.
Lorsqu’ils virent Caim devant la muraille, ils se précipitèrent sur lui :
− Maître Caim ! fit l’un d’eux, vous êtes en vie ! Qu’en est-il de la déesse ? Est-elle sauve ?
Tous attendirent la réponse avec appréhension. Caim hocha du chef et ils soufflèrent de contentement. Un soldat à l’air farouche s’avança et désigna un petit groupe de sa main gantée :
− Maître Caim, dit-il, nous sommes les seuls rescapés de votre régiment. Les soldats de l’Empire ont été particulièrement nombreux cette fois. Si nous sommes victorieux aujourd’hui, c’est grâce à cette créature !
Il désigna par la pointe de son épée le faîte de l’une des tours quadrangulaires à l’angle de la courtine. Caim aperçu alors le dragon, perché telle une monstrueuse chauve-souris pourpre. Le monstre les dardait du regard en grondant.
Caim lui lança un regard dégoûté. Eployant ses ailes, le dragon se dressa plus haut en examinant la construction du bastion. Ses pensées ruisselaient continuellement en lui :
« Humains stupides… vos forteresses ne sont vraiment que des châteaux de sable… »
− Ce dragon est notre sauveur, maître, dit le soldat à l’air farouche. Nous lui devons la victoire. Mais désormais, quels sont vos ordres, maitre Caim ?
Caim ne put dire un mot. Il se tourna vers le dragon, mais celui-ci se contentait d’observer passivement. Les soldats trépignèrent.
− Maître Caim ? Quelque chose ne va pas ? Sire ? Répondez !
Des claquements de sabots retentirent et Inuart apparut, tenant par la bride deux chevaux sombres et un troisième à la robe blanche. Furiae le montait en amazone.
Aussitôt, les soldats de l’Union s’agenouillèrent en murmurant :
− Déesse Furiae…
La jeune femme hocha mélancoliquement la tête. Inuart tendit la bride d’un cheval à Caim.
− Nous partons sur-le-champ, déclara-t-il. J’ai pris suffisamment de vivres pour cinq jours, cela devrait aller ; le village des Elfes n’est qu’à trois jours de route.
− Vous partez pour le village des Elfes ? fit le soldat.
Les rangs bruissèrent de chuchotis. Caim s’empara des rênes d’un geste évasif et monta son cheval. Inuart s’apprêta à parler, mais c’était de leur maître que les soldats voulaient entendre les mots.
− Par pitié, maître, répondez ! Si vous partez, il est de notre devoir de vous protéger, vous, le fils de notre roi, et la déesse !
Ils se prosternèrent derechef. Caim les fixa sans bouger, un certain temps s’écoula. Inuart tenta à nouveau de parler aux soldats, mais un claquement de vent avala ses paroles et une secousse ébranla le sol. Les chevaux renâclèrent en roulant des yeux et celui de Caim se cabra. Il dut tirer fort sur le mord pour que sa monture ne s’enfuisse pas au triple galop. Tandis qu’il flattait l’encolure de la bête pour la rassurer, Inuart poussa une exclamation en renversant la tête en arrière.
Devant lui, le dragon était dressé de toute sa hauteur et le toisait d’un œil intense.
− Dieux…, balbutia Inuart, c’est… ta créature de pacte ? Ta créature de pacte est un dragon ? Tu as osé faire un pacte avec un dragon ? Un monstre pareil ?
Le dragon poussa un grondement sourd et Inuart recula de plusieurs pas par crainte de se faire happer entre ses mâchoires. Caim ressentit quelque part en lui le profond mépris qu’éprouvait le dragon envers Inuart. Il renifla de dégoût, abhorrant le lien qui l’unissait à la bête.
Une vague d’effroi souleva l’assistance des soldats lorsqu’ils comprirent :
− Seigneur ! dit l’un d’eux, si vous avez passé un pacte, vous avez donc dû vous acquitter d’un prix ! Quel est-il, maître ?
Le dragon arqua son cou et observa Caim sans parler. Ce fut Inuart qui répondit :
− Caim ne pourra plus jamais parler, déclara-t-il d’un ton grave.
Les hommes parurent scandalisés et s’inclinèrent encore une fois, contrits :
− Nous n’aurions pas dû vous poser cette question, maître…pardonnez notre impétuosité…
Caim hocha la tête avec lassitude, irrité de ne pas pouvoir répondre car il aurait bien voulu donner ses instructions. Le soleil avait atteint son zénith au dessus de leur tête mais les épais nuages étouffaient sa lumière.
− Abandonnez le bastion et allez rejoindre les autres de l’Union, dit soudain le dragon en interprétant ses pensées.
Les soldats et Inuart frémirent sous le souffle venimeux du reptile. Mais tous comprirent que le monstre avait parlé pour Caim.
Le soldat farouche prit la parole :
− Sire, et vous ? Ne vous faut-il point une escorte sur le chemin de la forêt ?
Le dragon posa ses yeux sur Caim et attendit qu’il lui transmette la réponse à formuler. Caim n’y manqua pas, même si cet échange et sa dépendance auprès de la créature lui étaient abjects.
− Nous devons nous montrer discrets sur les routes, siffla le dragon, une escouade est vite repérée et l’Union a besoin de renforcer ses rangs. Tu seras désormais le commandant de cette troupe.
Inuart opina avec ferveur et se hissa sur le dos de son cheval. Furiae, elle, se contentait d’observer, inexpugnable derrière son mur de silence. Un profond regret luisait dans ses yeux.
Les soldats se prosternèrent et le soldat farouche, bien qu’honoré par la déclaration de son maître, eut à cet instant une voix résignée :
− Soit maître, nous partirons rejoindre nos frères… mais je dois vous rappeler de bien prendre garde : les espions de l’Empire sont partout ! Et j’ai entendu dire que les soldats impériaux avaient mis au point de nouvelles technologies de guerre : des vaisseaux volants armés…
Caim lança le regard de celui qui avait mal comprit, et l’homme corrobora :
− Oui, depuis que leurs yeux se sont allumés de cette étrange lueur pourpre il y a peu de temps, leurs effectifs sont plus redoutables que jamais et leurs armes se perfectionnent de jours en jours ! On m’a même rapporté qu’ils recrutaient des monstres !
Caim posa son regard sur le dragon en se disant que, maintenant, lui aussi avait un monstre. Sa pensée ne plu pas de toute évidence à la créature, car il sentit son esprit se froisser.
− Personne ne peut faire voler des vaisseaux, contredit Inuart, tout cela est ridicule !
Les soldats de la troupe se tournèrent vers le musicien d’un même mouvement. Le nouveau commandant le sonda longuement avant de répondre :
− Les soldats de l’Empire ne sont plus normaux, maître Inuart. Ne le voyez-vous pas dans leurs yeux ? Ils scintillent de la couleur du sang ! Une force inconnue les rend de plus en plus forts ! Tout cela est l’œuvre du malin !
Inuart se détourna en bougonnant :
− Sornettes…
Puis il se tourna vers Caim :
− Nous partons ?
Le jeune guerrier talonna sa monture en guise s’approbation.
− Soyez braves ! s’écria le soldat farouche. Le sort de toute l’humanité repose entre les mains de la déesse !
Le dragon plissa les yeux et maugréa en s’envolant :
− Les humains sont bien à plaindre…
♋ - ♑
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